dimanche, 15 janvier 2006
Les grandes écoles : la voie royale mais vers quoi?
Comment se fait il qu'il est beaucoup plus facile de trouver un emploi avec un BTS Conception de Produits Industriels ou après un apprentissage dans la boucherie ou la poissonnerie qu'après une grande école?
Quel est l'intêret pour la France de faire faire des études longues et coûteuse à une partie de la population qui a passé avec succès les sélections du système éducatif et qui semble donc avoir des "capacités" pour les envoyer dans des voies de garage?
Pourquoi les enseignents des grandes écoles sont en majorité (du moins dans l'école que j'ai fréquenté) des chercheurs n'ayant jamais travaillé dans une entreprise et ne connaissant rien au fonctionnement de la recherche et de l'industrie privé?
J'ai encore le souvenir d'un de mes professeurs passant dans un couloir en disant que dans telle option, il n'y avait aucun problème pour trouver un emploi, option qu'un de mes amis a choisi principalement pour cette raison et qui a mis plus d'un an à trouver un emploi sans aucune relation avec cette option.
Le système éducatif des grandes écoles est tellement déconnecté de la réalité et basé sur la vision qui consiste à croire que les entreprises embauchent sur le seul diplôme qu'il est incapable de se remettre en cause et de se réformer.
Comment peut on jouer avec l'avenir d'une jeunesse en leur promettant des carrières assurée d'avance par leurs études sans que cela corresponde à la réalité?
Enfin, qui, dans la société, se fait l'écho de ce mensonge et d'une réalité bien éloignée de l'imaginaire collectif qui consiste à croire que les grandes écoles sont la voie royale?
A l'heure de la discrimination positive, il serait temps de s'interroger objectivement sur l'avenir que réservent ces écoles à leurs membres car la plupart des études faites par la presse ne sont qu'une photocopie de la brochure publicitaire des établissements. Par exemple, mon école n'a pas voulu me transmettre les résultats sur l'insertion professionnelle de ma promo. Ce manque de transparence est bien la preuve d'un problème réel.
Pour finir, l'enseignement étant trop éloigné des exigences du secteur privé, il est impossible d'espèrer trouver un emploi de technicien car les entreprises refusent catégoriquement un profil d'ingénieur pour ce type de poste.
De mon point de vue, les grandes écoles ne sont pas la voie royale mais plutôt un produit comme un autre, adepte de la publicité mensongaire et surfant sur la peur du chômage.
La voie royale est plutôt à chercher vers les écoles garantissant des postes comme l'ENS, l'ENAC ou les concours de l'administration (CAPES, Agrégation...) qui assurent une insertion professionnelle de 100% ainsi qu'un salaire tout à fait honorable (1800 euros net pour un agrégé en début de carrière pour 14 heures par semaine et sans oublier les vacances scolaires)
Voilà mon point de vue et mes interrogations, en espérant qu'ils soient utiles à certains pour leur orientation...
09:55 Publié dans Recherche d'emploi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Politique, éducation, ingénieur, grandes, écoles, voie, royale, chômage


Commentaires
oui mais les concours tels que Cpes etc.. sont des sources de sélection, et rebutent les jeunes à le tenter tellement justement c'est déconnecté de la réalité et que l'éducation nationale se sert de personnes qui sont dans la toute puissance pour le faire passer, pour sélectionner..
puis c'est bien que certains jeunes qui ont orientent vers des BEP ou bac prof aient du travail.. qu'on cesse de nommer comme de la racaille... ça c'est bien.. et il manque des jeunes justement qui travaillent dans le domaine manuel. dit manuel ce qui est péjoratif..
oui c'est une claque aux autres qui ont galéré pour étudier mais ce n'est pas leur fautes car ces jeunes là ont reçu des milliers de claques dans les écoles primaires, et collèges, et lycées.. et par qui par des gens comme vous qui réussisiez et qui méprisez les autres..
bon je vous souhaite quand même de trouver un emploi.
Clémentine
Ecrit par : clementine | samedi, 28 janvier 2006
Je ne meprise absolument pas les métiers manuels. Il me parait normal de mieux réussir si l'on fait des études. Hélas, ce n'est pas le cas en France et l'on peut donc se poser la question de l'utilité de l'éducation nationale.
A quoi bon faire faire des études à certains alors que la France n'en a pas l'utilité???
Ecrit par : Steeve | vendredi, 03 février 2006
certaines grandes écoles comme l'ESSEC proposent de faire un apprentissage qui permet 1) de se faire payer deux ans d'école 2) d'être rémunéré pendant deux ans 3) d'être en alternance deux ans dans une entreprise. Avec une telle expérience, il n'est en général pas difficile de trouver un emploi!
En outre, les grandes écoles sont tout de même assez utile pour trouver son premier emploi, ne serait-ce que par le nom de l'école sur le CV. Beaucoup de boîtes ne prennent que des grandes écoles (certaines bêtement) ou d'autres sont rassurées... Après, à chacun de savoir se servir de son école pour faire le maximum de stages et/ou d'échange, car c'est sûr que ça sert bien plus que les cours (moi aussi ça m'énerve les profs qui n'ont pas d'expérience d'entreprise).
Sinon un dernier avantage de la grande école est le salaire à la sortie, en moyenne bien supérieur à celui des BTS!
Ecrit par : lola | vendredi, 10 février 2006
Une solution : arréter toute forme de reproduction pendant cinq ans sous peine d'avortement immédiat - fermeture des frontières - et, éventuellement, castration des crétins. Voilà une solution.
Je dois bien avouer que cette solution nous indique par elle-même l'ampleur du problème.
Ecrit par : Quintilien | mercredi, 15 février 2006
Pourquoi la bonne intégration dans le monde du travail devrait être une suite d'examens et de concours réussis. C'est une mentalité bien trop scolaire et universitaire.
C'est là, le vrai défaut de notre culture éducative: de ne pas mettre l'accent sur l'esprit et le goût d'entreprendre, de produire (intelectuel, manuel, ...). Rien ne doit être tenu pour acquis parcequ'à un moment de sa vie on a eû des bonnes notes en classe.
Ecrit par : Largo | jeudi, 20 avril 2006
Je suis né en France, j'ai travaillé en France, je suis maintenant entrepreneur dans un autre pays (non européen). Avec le recul je suis certain d'une chose, il n'y pas de liberté en France ! Pas de liberté pour jouir, travailler, choisir, risquer, innover, étudier ou ne pas étudier, réver, choisir son bonheur, tout est conditionné par les usages, le regard des autres et la place que l'on doit prendre dans la société.
La vie vaut la peine d'être vécue, choisissez votre vie, pas votre vie professionnelle, choisissez votre vie professionnelle en fonction de vos passions, de vos goûts, de vos envies, pas des "voies royales" , gardez l'option de changer de vie. Restez aussi pragmatiques si vous voulez être self employed, ... prenez une voie économiquement viable, vous voulez être employé, ... ne vendez pas votre diplôme, mais la valeur ajoutée que vous apporterez à votre employeur. Faire ses preuves et prendre le taureau par les cornes, sans oublier de se faire plaisir, vous n'êtes pas au bagne ou au purgatoire. Prenez des options jouissives, si vous ne jouissez pas, changez !
Ecrit par : jcb | samedi, 13 mai 2006
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